Section de Tir à l'Arc de Rueil.

Archers de Légende... Egil, l'habile archer

Agilaz, ou Egil l'habile archer, est un héros de la mythologie nordique.
Il est l'époux de la Valkyrie Aliruna / Olrun, et a pour frères Slagfin et le fabuleux forgeron Völund / Velent. Selon les versions, il passe pour être le fils d'un Roi de Finlande, ou pour celui du Géant Vadi.

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La Légende d'Egil, l'habile archer

Egil apparait dans les récits du "Chant de Völund" (Völundarkvida) et du "Dit de Velent", consacrés à son frère aîné, le forgeron Völund / Velent (assimilé à Weyland, le Dieu de la forge et du métal qui fit pour le héros anglo-saxon Beowulf sa légendaire armure).
Il intervient en tant que personnage central dans la légende proto-germanique sous le nom d'Agilaz. Cette légende, aujourd'hui perdue, n'est connue que par un artefact d'origine alamane du VIème s., la "Boucle de Pforzen", ainsi qu'un des pans du "Coffret d'Auzon".

La légende proto-germanique raconte le combat de l'archer Agilaz et de sa femme Aliruna contre une multitude.

Les Sagas sont des récits d'épopées et d'Histoire, et ont pour éthymologie la fabuleuse Asyne Saga.

Ases et Asynes sont la race guerrière de Dieux et Déesses de la mythologie nordique.
La Völundarkvida, poème de l'Edda poétique, relate l'histoire du forgeron Völund. Egil y apparait comme l'un des trois fils d'un roi Finlandais qui épousèrent des Valkyries rencontrées alors qu'elles étaient dépouillées de leurs formes de cygne.

Le récit le plus complet concernant Velent se trouve dans un épisode de la Thidrekssaga, correspondant au "Dit de Velent" (Velents þáttr smiðs en vieux norrois) de la Saga de Théodoric de Vérone.
Dans cette dernière légende où il figure, Egil est encore une fois un maître-archer, mais son père est le Géant Vadi. A la cour du roi Nidung, il démontre sa maîtrise de l'arc alors qu'il est contraint de tirer sur une pomme posée sur la tête de son fils. Plus tard, il aide son frère à s'échapper et à leurrer Nidung.

Des récits similaires figurent dans des sources nordiques, germaniques et anglo-saxonnes.
Au fil des légendes et des traductions, les noms des héros varient :
  • Agilaz, Egil, Egill, Aegel, Aegil, Aegili, Aigil, Aigill, OelrunarEgil ou "Egil l'habile archer"
  • Völund, Völundr, Wielund, Wayland, Weyland, Weiland, Welend, Velent, Velanus, Galannus, Galan, Galant, "Prince des Alfes sombres" (ou des Elfes noirs), "Le tireur aux yeux temps"
  • Slagfin, Slagfith, Slagfidur
  • Aliruna, Aïlrun, Alruna, Alraune, Alrun, Olrun, Oelrun, "Au blanc corsage", "L'épouse valkyrie d'Aegel", "Celle qui connait les Runes"
  • Hervör, Alvit, "La Très-Sage", "Toute-Blanche"
  • Halguth, Svanvit, Svanhvit, "Cygne-Blanc"
  • Nidud, Nidung
  • Bödvild, Bodvildr, Bodhilda, Bodhilde
  • Vadi, Vade, Wade
  • Vidge, Vidga, Widga, Witege, Wade, Vade
  • Mimir, Mimer
  • Thidrek, Thidreks, Thiorek, Théodoric
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    La légende proto-germanique

    Il est dit qu'Agilaz, archer renommé, et sa femme Aliruna, défendirent un fort contre un très grand nombre d'assaillants.


    Runes de la boucle Pforzen.
    AIGIL.ANDI.AÏLRUN   L.TAHU:GASOKUN
    Aigil et Aïlrun combattirent l'armée entière


    Cette bataille aurait eu lieu sur les rives de la rivière Ilz, en Bavière.


    Tous les détails gravés sur le coffret laissent à penser qu'une grande bataille eut lieu entre une multitude de guerriers attaquant une forteresse tenue par deux personnes.

    Les assaillants, anonymes, parés d'épées et de lances, représentent l'armée des ennemis succombant aux volées de flèches surgissant des murs.
    Plusieurs d'entre eux sont de taille démesurée. Pour certains auteurs, ils figureraient les géants de la mythologie nordique : ceux-ci vivent dans l'Est, or c'est précisément dans cette direction qu'est parti Egil à la recherche de son épouse (dans la Völundarkvida). Pour d'autres, cette taille hors proportion n'est pas celle de leur corps, mais une représentation de leur nombre.
    Les personnages sous le cadran sont à considérer séparemment.

    Le coffret mentionne le seul nom de l'archer, mais les noms des époux figurent ensemble sur la boucle de ceinture.

    Une scène figurant sur un autre panneau du coffret concerne le forgeron Völund (ou Weyland pour les anglo-saxons).
    Inscription AEGILI.
    L'archer est identifié par l'unique inscription de cette scène, gravée près de sa tête : "AEGILI" (Aegel des anglo-saxons ; Egil des nordiques ; Aigil de la boucle de Pforzen). Ici, Agilaz défend la forteresse avec son arc, confimant la tradition nordique où Egil, frère du forgeron Volund, apparaît comme un habile archer.
    L'autre personnage de la citadelle, assis sous une tonnelle derrière l'archer, est une femme tenant une épée à la main. Il s'agirait d'Aliruna, à laquelle les anglo-saxons ne donnent pas de nom, l'appellant simplement "L'épouse valkyrie d'Aegel".
    Quand aux deux personnages sous le cadran, il faut considérer qu'ils représentent une valkyrie dans sa parure de cygne (plumes de ses doigts et de sa chevelure) agrippant par les pieds un guerrier tombé dans la bataille. Ainsi, Aliruna, sans être précisement nommée, serait dépeinte deux fois.

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    Le Chant de Völund (Völundarkvida)

    Le forgeron Völund (Edda poétique nordique), est Velent (Thidreks Saga norvégienne), Weyland, etc. (légendes anglo-saxonnes), Wielund (auteurs germaniques), Galan, Velanus (français médiéval), ...
    Le forgeron Völund.
    Völund, Egil et Slagfin étaient les fils d'un roi de Finlande.

    Ils se rendirent en Ulfdalir (la ",Vallée aux Loups") et s'établirent près du lac Ulfsjar.

    Un jour, ils découvrirent au bord du lac trois femmes en train de se baigner ou de filer du lin. Sur la rives étaient déposés leurs vêtements de cygnes, car elles étaient des Valkyries.
    Deux d'entres elles, Halguth le Cygne blanc et Hervör la Très-Sage, étaient filles du roi Hlothver, et la troisième Olrun, fille de Kjar de Valland.

    Le forgeron Völund.
    Les trois frères cachèrent les habits, empêchant ainsi les princesses de s'enfuir en s'envolant. Ils purent alors les ramener dans leur halle et les épouser.
    La Halle est le nom donné aux fermes ou demeures antiques.
    Egil choisit Olrun, Slagfith Cygne-Blanc et Volundr la Très-Sage.
    Ils vécurent ensemble pendant neuf hivers. Mais les valkyries finirent par retrouver leurs costumes de cygne et s'envolèrent en quête de batailles pour ne plus revenir.
    A leur retour de la chasse, les trois frères cherchèrent vainement leurs épouses. Alors Egil chaussa ses raquettes pour suivre Olrun vers l'Est et Slaghfith partit vers le Sud à la recherche de Svanhvit. Seul Volundr resta en Ulfdalir pour attendre le retour de sa femme.

    Dans une version, Volund forgea une épée pour Heime, le fils qu'il eut d'Hervör.
    Dans une autre, Wayland forgea pour son fils Widga l'épée Mimung qui dut donnée par une fée à Siegfried, prince des Nibelungen.
    Völund conservait son anneau de mariage dont il forgea 700 copies. Cet homme des plus talentueux était un maître forgeron habile et renommé.

    Il fut capturé pendant son sommeil par les hommes du roi Nidud de Suède. Le roi s'appropria son épée et offrit la bague de Hervör à sa fille Bödvild. Nidud l’emprisonna sur l’île de Saeverstod (ou Sævarstadir), le contraignant à lui forger nombre d'objets précieux. Et, pour l’empêcher de s’enfuir, il lui fit couper les tendons de la jambe. L'épouse avisée du roi pensait bien que, même captif, Völund était dangereux.

    L'avenir devait confirmer ses craintes. Pour se venger, Völund tua les deux fils de Nidud venus le voir en cachette. Il fit des gobelets avec leurs crânes qu’il offrit au roi, des bijoux avec leurs yeux qu’il offrit à la reine, et une broche avec leurs dents qu’il offrit à leur fille. Quand celle-ci vint le voir à son tour, il la séduisit, la mettant enceinte, puis s’enfuit grâce à des ailes qu’il s’était confectionné.

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    Le Dit de Velent (Velents þáttr smiðs, Tidrekssaga)

    Le Géant Vadi (fils du Roi Vilkinus et d'une sirène), avait deux fils, Velent et Egil.

    Velent, fut envoyé en apprentissage chez Mimir, un habile forgeron du Húnaland, chez qui il montra de grandes aptitudes dans le travail des métaux. Vadi mena ensuite Velent chez deux nains vivant dans une montagne de Kallava qui acceptèrent de le former mais menacèrent de le tuer si son père ne venait pas le reprendre au terme de son apprentissage. Malheureusement, alors qu'il venait chercher son fils, Vadi fut enseveli sous une avalanche. Pour sauver sa vie, Velent dut tuer les nains, puis il embarqua dans un tronc d'arbre évidé pour descendre le fleuve Visara. En dérivant, il parvint sur les côtes de Thiod au Jutland (Danemark) où régnait le Roi Nidung, seigneur de Niarar, qui le prit à son service.

    Wayland, le Dieu du travail des métaux, n'était au départ qu'un mythique forgeron que la mémoire populaire a divinisé.
    Dans la Völundarkvida, Volund passe aussi pour être le Prince des Alfes sombres (ou Elfes noirs) de Svartalfheim, et un chasseur surnommé Le tireur aux yeux temps, signifiant par là qu'il est un excellent archer.
    Velent fut rapidement défié par Amilias, le forgeron de Nidung. Amilias devait fabriquer un casque et une cuirasse résistant à toutes les armes, et Velent une épée capable de fendre cette armure. La réussite de l'un entrainant la perte la vie de l'autre. Avec son épée Mímung, Velent tua facilement son rival revêtu de son armure. Son talent de forgeron lui valut une grande renommée.

    À la veille d'une bataille, Nidung s'aperçut qu'il avait oublié sa pierre de victoire. Il offrit sa fille Bödvild et la moitié de son royaume à celui qui la lui apporterait avant le lever du soleil. Velent alla quérir la pierre, mais, à son retour, le bailli du roi voulut s'en emparer. Le forgeron le tua de son épée Mimung. Il fut alors banni par Nidung qui refusait de tenir parole.

    Plus tard, il essaya de se venger en empoisonnant le roi et sa fille mais il fut découvert, ses tendons furent tranchés, et il fut contraint de travailler dans la forge du roi. Il parvint à tuer les deux plus jeunes fils de Nidung et fit avec leurs os un service de table qu'il offrit au roi, tout en conservant leur sang dans une vessie scellée. Quand la fille du roi vint le voir pour faire réparer un anneau précieux, il abusa d'elle.

    Peu après que Vélent ait séduit Bödvild, son frère, Egil, vint à la cour. Non seulement Egil était d'une grande beauté, mais il était le plus talentueux des archers.
    Il entra au service du roi Nidung qui lui fit bon accueil, sans toutefois savoir qui était cet hôte.

    L'adresse d'Egil forçait l'admiration. Le roi mit plus d'une fois l'habileté de son archer à l'épreuve. Après avoir épuisé les ressources de son imagination, il s'avisa de faire poser une pomme sur la tête du fils d'Egil alors âgé de 3 ans.

    Suivant certaines traductions, Egil avait pris trois flèches.

    Pomme et flèches.
    La légende de la pomme se retrouve aussi dans la Vilkina Saga islandaise.
    - "De là où tu es, dit-il à l'archer, tu enlèveras la pomme qui est placée sur la tête de ton fils : si tu la manques, il t'en coûtera la vie"

    Egil n'avait droit qu'à une seule tentative.
    Il choisit une flèche de son carquois, en essaya la pointe, l'affila, et posa la flèche à côlé de lui. Il prit ensuite un second trait, l'affila comme le premier, l'appuya sur la corde de son arc, et traversa la pomme de telle sorte que la fruit et la flèche tombèrent ensemble à terre.

    Le roi Nidung lui demanda pourquoi il avait pris deux flèches, une suffisant pour le coup qu'il devait tirer !.

    - "Seigneur, répondit Egil, je vous dirai la vérité : cette flèche vous était destinée, si j'avais eu le malheur de blesser mon enfant."

    Le roi ne s'offensa pas de celle réponse. Au contraire, impressionné par sa franchise, il félicita l'archer. Et tous les assistants jugèrent qu'Egil avait parlé en homme de cœur.
    Ce coup d'adresse s'est conservé dans la mémoire du peuple. L'auteur fut surnommé ŒlrunarEgil ("Egil l'habile archer").

    Plus tard, Egil devait aider son frère Vélent à se libérer.

    Dans un premier temps, l'archer tua un grand nombre d'oies et rassembla leurs plumes afin que son frère puisse se confectionner des ailes.

    La plupart des textes ne sont clairs sur la manière dont Velent s'échappa.
    Une hypothèse suggère que Velent possédait un anneau magique lui permettant de se transformer en cygne, en se basant sur la notion de ses "pieds palmés" mentionnés au moment de sa mutilation !

    Dédale.
    L'architecte crétois Dédale s'est libéré du du labyrinthe du Roi Minos, avec des ailes faites de plumes et de cire.
    A noter que le terme islandais Voelundar-hus, ou "Demeure de Völund", correspond à... labyrinthe !
    Velent finit par prendre son envol pour s'évader. Tournoyant dans les airs au-dessus du roi, il lui dévoila alors qu'il avait tué ses fils, et fait violence à sa fille qui attendait désormais un enfant de lui. A ces mots, fou de honte, de douleur et de rage, Nidung ordonna à Egil d'abattre son frère sous peine de mort.
    Le trait de l'archer atteint le fuyard alors que celui-ci s'éloignait dans les cieux. La trainée de sang s'échappant de la blessure, laissait à penser que le forgeron avait été mortellement blessé. Mais Nidung fut leurré car, auparavant, Vélent, sachant que le roi ferait appel à son meilleur archer, avait enjoint Egil de viser sous son bras, là où ses vêtements dissimulaient une poche de sang... le sang des propres fils du roi.

    Velent revint à Sjorland (ou Sélande, Seeland), la terre de son père.
    Nidung mourut peu de temps après et son troisième fils, Otvin, lui succéda. Velent fit la paix avec Otvin et épousa Bödvild.
    La princesse donna naissance à leur fils Vidga, le futur héros (à qui revint l'épée Mimung), grand guerrier et un ami de Thidrek (ou Thiorek).

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    Un soupçon de mythologie nordique...

    Les sources principales pour la mythologie nordique sont les Eddas, rédigés ou compilés aux alentours du XIIIème s.
    Des sources secondaires, souvent extérieures au monde germanique, remontent à l'antiquité, l'ouvrage La Germanie (Ier s.) de Tacite étant le plus important.
    De nombreux autres textes du haut Moyen Age apportent des compléments d'informations, ainsi la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum (ca. 1072) de Adam de Brême.
    Enfin, d'autres sources permettent de se rendre compte du culte en lui-même : les sagas islandaises, la poésie scaldique, la toponymie et les témoins archéologiques.

    • Compléments de Mythologie (Dieux, Géants, Nains et Elfes) sur la page consacrée à Ullr et Skadi.
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    Valkyrie.
    Nornes.

    Les femmes-cygnes sont assimilées aux Valkyries et seraient au service de Freyja ou Frigg. Elles portent des ornements en plumes de cygne qui leur permettent de voler tout comme les déeeses Freyja et Frigg avaient un manteau en plumes de faucon.
    Si on vole leurs plumes qu’elles laissent en prenant leur bain, on peut alors les épouser dans le monde humain.
    Dans la Völundarkvida, trois d'entre elles sont présentées comme des Valkyries aux parures de cygnes. Pour certains, ces femmes-cygnes seraient également des Nornes.

    Die Walküre, la Chevauchée des Valkyries, de Richard Wagner dans sa tétralogie "L'anneau des Nibelungen".
    Site Ext.5 mn 06 - Vienna Philarmonic
    Illustrations de Arthur Rakham
    Les Valkyries (pour les germains), ou vierges guerrières (pour les celtes), sont des divinités mineures. Elles seraient les quinze filles d’Odin. Armées de lances et de boucliers, elles chevauchent les airs et les flots, parcourant en volant les champs de bataille pour juger la bravoure des guerriers. Elles distribuent la mort parmi les guerriers, et emmenent l’âme des valrs (guerriers tombant au combat) à la Valhöll afin qu'ils deviennent des Einherjar ("Ceux qui combattent seul à seul"), ces héros destinés à se battre aux côtés d'Odin à la venue du Ragnarök.
    L'étymologie de leur nom provient du vieux norrois valkyrja (pluriel : valkyrur), des mots val (abattre) et kyrja (choisir) (littéralement, "qui choisit les abattus").

    Les Nornes (ou Nornir) sont le nom donné principalement aux trois sœurs, les filles du Wyrd (Destin) : Urd (Passé), Verdandi (Présent) et Skuld (Futur). Ces vieilles sorcières très sages sont craintes par les dieux, car tissant la destinée à laquelle eux-même sont soumis. Skuld, qui est la plus jeune, et sans doute la plus puissante des Nornes, accompagne également les Valkyries Gunn et Rota pour choisir les meilleurs des guerriers tombés au combat qui deviendront des Einherjar.
    Il existerait d’autres Nornes, plus mineures, chez les Elfes, les Nains, les Géants et les Dieux Ases.

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    Odin.
    Odin (Odhinn, Wotan, Woden), Ase souverain aux multiples facettes, borgne, fourbe et rusé, est aussi le Dieu de la victoire, de la magie, des runes, du savoir, de la poésie, des morts, du droit. Armé de sa lance Gungnir, il monte le plus rapide des coursiers, son cheval à 8 jambes Sleipnir, accompagné de ses 2 loups, Geri et Freki. Ses deux corbeaux, Hugin et Munin, parcourent le monde chaque matin afin de lui rapporter ce qu'ils ont vu et entendu. Il est le fils de Bor et Bestla, et le frère de Vili et Vé. Époux de Frigg, il a eu de nombreuses autres aventures. Père de Balder le Bon (qui fut assassiné par une ruse du traître Loki), de Thor (avec Jordh) et de Vali (avec Rindr), mais aussi de Heimdall, Tyr , Vidhar, Hodr, Bragi.
    Les fils de Bor sont les premiers Ases, ces Dieux guerriers qui supplantèrent la race ancienne des Dieux Vanes incarnant la Nature primordiale. Ils créèrent Midgard, ainsi que l'Homme pour peupler ce monde.
    Odin est destiné à être tué par le loup Fenrir lors du Ragnarök.

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    La Valhöll (ou Walhalla, Valhalla, Valhalle) est le Palais d'Odin, le paradis Viking, au sein même du royaume des Dieux, Asgard, où les Einherjar sont amenés par les Valkyries.
    Dans cette forterresse, les guerriers combattent le jour. Ils combattent et se tuent, pour renaitre et se pourfendre encore et encore. Puis, la nuit, ils s'amusent, boivent le lait (hydromel) provenant de la chèvre Heidrun, et mangent la chair du sanglier Sæhrímnir, en présence d'Odin. Ils sont servis par les Valkyries et la plus jeune des Nornes. Tous attendent le jour où sortant des six cent quarante portes de la Valhöll en rangs de huit cents, ils combattront dans une dernière guerre lors du Ragnarök.

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    Le Ragnarök (Consommation du destin des puissances en vieux scandinave) est la bataille de la fin du monde, le destin auquel nul ne peut échapper, la destruction d'Ásgard et le renouveau du Monde.
    Ragnarok.
    Elle opposera les dieux Ases, menés par Odin et appuyés par les Einherjar, à leurs ennemis éternels, les Géants de glace. A ces derniers se joindront Surt et ses légions du mal, les Fils de Muspell (Géants primitifs du royaume des flammes), ainsi que Loki et ses 3 effroyables rejetons, le loup Fenrir, le serpent marin Jörmungand, et Hel la Déesse des enfers accompagnée de ses morts indignes. Fenrir engloutira Odin, pour être ensuite tué par Vidar. Freyr sera abattu par Surt. Thor et Jörmungand s'entretueront, ainsi que Týr et Garm, et aussi Loki et Heimdall, le gardien de la porte d'Ásgard. Finalement, l'ancien monde qui prit naissance par le royaume de Surt sera par son épée de feu anéanti, celle-ci embrasant le champ de bataille, détruisant le vieil univers, permettant à un monde nouveau de voir le jour.
    La plupart des dieux et des géants périront au combat. Certains dieux survivront notamment les fils d'Odin, Vidar, Vali et Hœnir. Ainsi que les fils de Thor, Modi et Magni, qui hériteront de son marteau. Balder reviendra du monde des morts et reprendra sa place parmi les divinités souveraines. Seuls deux humains, Lif et Lifthaisir, qui au début de la bataille trouveront refuge dans l'arbre sacré Yggdrasil, survivront. Après l'incendie cosmique, ils en redescendront et engendreront une nouvelle humanité dans ce monde neuf.

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    Des archers et des pommes...

    L'histoire du très bon archer devant tirer sur une pomme se retrouve dans d'autres textes de l'espace nordique/germanique. C'est notamment le cas dans de Toko (de Saxo Grammaticus), d'Egil (de la Saga de Théodoric de Vérone), ou encore de l'anglais Guillaume de Cloudeslie (compagnon d'Adam Bell). Sans oublier le héros suisse Guillaume Tell.
    Plusieurs ressemblances ressortent : un homme de pouvoir (roi ou bailli) tyrannique, le fils du héros sur la tête duquel une pomme est placée, le tir victorieux et précis de l'archer, les flèches préparées en réserve pour abattre le tyran en cas d'insuccès. Dans deux des histoires le héros finit par tuer le tyran.

    Toko (Panaltoke)

    Toko, fils de Palnir, soldat du roi Haraldus, se vantait d'être si habile au tir à l'arc qu'il était capable de toucher à distance une pomme posée sur un bâton. Le Roi Haraldus enjoignit l'archer à remplacer le bâton par son propre fils. Toko accepta l'épreuve. Il prit trois flèches dans son carquois, et, du premier coup, atteignit la pomme. Les autres flèches auraient servi à venger la mort de son fils si Toko avait raté le fruit.

    Après quelques autres aventures, Toko finira par tuer Haraldus d'une flèche.

    Guillaume de Cloudeslie

    Les archers hors-la-loi anglais, Adam Bell, Clym du Cleugh (Clym of the Clough) et Guillaume de Cloudeslie (William of Cloudesley), vivaient dans la forêt d'Englewood (Inglewood), près de Carlisle. Arrêté à Londres avec ses compagnons, puis tous trois graciés par le roi, Guillaume démontre ses qualités d'archer en coupant en deux, d'une seule flèche, une baguette de noisetier. Le roi déclare qu'il est le meilleur archer du royaume, mais Guillaume avance qu'il est capable de séparer en deux une pomme placée sur la tête de son fils. Le roi le presse d'en faire la preuve et décrète qu'en cas d'échec lui et ses amis seraient pendus. Guillaume sort vainqueur de cette terrible épreuve.

    Guillaume de Cloudeslie et ses amis entreront au service du roi, menant désormais une vie honnête.

    Guillaume Tell

    Au XIVe siècle, à Uri en Suisse, le bailli Herman Gessler avait fait hisser son chapeau au bout d'une perche, exigeant que chaque passant salue son couvre-chef. Pour avoir bravé cet ordre, Guillaume Tell fut arrêté et conduit devant Gessler. A défaut de le mettre en prison, ce dernier lui ordonna de faire la preuve qu’il était bien le meilleur arbalétrier du canton en transperçant une pomme, placée à 100 pas de distance sur la tête de son fils. Contraint de s'exécuter, Guillaume tira et transperça le fruit, mais il avait en réserve un second trait destiné à Gessler au cas où son fils aurait été tué.

    Selon certains, l'assassinat du bailli mena au pacte de confédération suisse de 1291.
    Un peu plus tard Tell tendra une embuscade au bailli Gessler sur la route de Küssnach et le tuera d'un trait au coeur.

    Ces différentes histoires ont probablement un tronc commun. Le mythe de Guillaume Tell émerge vers 1470. Soit des voyageurs venus du nord ont raconté ces histoires en passant le Gothard. Soit ces mythes sont plus anciens et ont été retranscrits dans des civilisations différentes, mais descendant de la même origine.

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    Aux sources de la légende

    Coffret Auzon.
    Le coffret runique d'Auzon (Auzon Runic Casket, du nom du village de Haute-Loire où il fut trouvé), ou "coffret de Franks" (Franks Casket, du nom de celui qui en fit don au British Museum à Londres) provient d’une église construite au Vème s. par un Comte d’Auvergne sous le règne de Théodoric II, roi Wisigoth à Toulouse. On pense qu'il appartenait à l'Eglise St Julien à Brioude, où il aurait été dérobé pendant la Révolution française. Cette cassette était la propriété d'une famille d'Auzon, à qui elle servait de boîte à couture jusqu'à ce que les charnières en argent en soient récupérées.
    Sur ce reliquaire en os de baleine sont sculptés en relief des illustrations germaniques païennes ainsi que des formes typiques anglo-saxonnes.
    Le combat livré par Agilaz et Aliruna est représenté sur son couvercle.
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    La boucle Pforzen fut découverte à la fin du XXème s. lors d'excavations du cimetière aléman près de la ville bavaroise de Pforzen. Cette boucle de ceinture en argent du VIème s. est gravée de caractères runiques en haut allemand archaïque.
    La lance, la spatha, le scramasaxe et le bouclier qui se trouvaient dans la même tombe laissent à penser que son propriétaire était un guerrier.

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    Le mot Edda ("Livre vénérable") signifie "aïeule" en islandais. Mais certains le font dériver du latin edo : "je compose"
    Les Eddas présentent les principaux Dieux et Déesses du Hof (Panthéon nordique), leurs aventures, la génèse des différents mondes, les prophéties. C'est la source de connaissances sur la mythologie scandinave la plus importante.
    Cependant, ces textes ayant été rédigés ou compilés quelques siècles après la christianisation officielle des derniers royaumes vikings, seraient à prendre avec précautions car ne reflètant pas toujours pleinement les croyances religieuses pré-chrétiennes de la Scandinavie.

    Il existe 2 Eddas bien distincts : l'Edda poétique et l'Edda en prose de Snorri.

    L'Edda poétique (ou "ancienne Edda") est un recueil de chants et de poèmes anonymes écrits en vieux norrois, et composés entre le VIIIe et le XIIIe s.
    Les poèmes les plus anciens furent vraisemblablement composés par les scaldes, qui se les transmirent par tradition orale.
    Ces poèmes, retrouvés dans divers manuscrits anciens, furent rassemblés artificiellement à l'époque moderne pour leur valeur mythologique dans un manuscrit islandais, le Codex Regius. On l'appelle aussi "Edda Sæmundar", en référence à Sæmundr Sigfússon dit Saemund le Sage, à qui fut attribuée la rédaction du codex.

    Le vieux norrois (ou vieil islandais), langue scandinave médiévale, a influencé nombre de langues : russe, anglais, normand et, de là, français.
    La Normandie, du fait de l'installation au Moyen Âge de colons danois, norvégiens et anglo-scandinaves, conserve la trace du norrois dans sa toponymie. Ainsi Caudebec-lès-Elbeuf vient de kaldbekkr (froid ruisseau), Foulbec de fúllbekkr (ruisseau puant), etc.
    L'Edda poétique tombe dans l'oubli puis est redécouverte en Islande par le pasteur luthérien Brynjölfur Sveinsson en 1643. Il offre le manuscrit, baptisé Codex Regius ("Code Royal") au roi du Danemark. C'est à cette époque que l'on attribue la paternité de ce recueil à Sæmundr le Sage. Conservé à la librairie royale de Copenhague, le manuscrit est restitué à l'Islande en 1971.

    Le nombre des poèmes qui composent l'Edda est variable suivant les éditions qui publient le recueil. Certains poèmes ne font pas partie du Codex Regius mais sont supposés faire partie de l'Edda.
    Le Codex Regius comporte 29 Eddas et textes divers.
    On peut citer, entre autres :

    ... la Völuspa ("Dit de la voyante" ou "Prophétie de la Sybille") : Une voyante retrace l’histoire du monde, de sa création à sa destruction au Ragnarök.

    ... la Völundarkvidha ("Chant de Völundr") : Le fabuleux forgeron Völundr, mutilé et retenu prisonnier par un roi, s’évade avec des ailes de sa propre fabrication après s’être vengé.
    • Régis Boyer, L'Edda poétique, L'espace intérieur, Fayard, 1992
      Ce livre concentre des extraits de textes et de poêmes de l'ancienne Edda et livre une étude sur le sacré chez les anciens scandinaves ainsi que certaines particularités poétiques.
    • L'Edda poétique (en vieux norrois), Edition de Rasmus Kristian Rask, 1818
      [ Völundar-qvida p. 133-139 ] - Numérisation SICD des universités de Strasbourg Site Ext.
    • Traduction de Renauld-Krantz, Völundarkvida - Fichier partagé sur FaceBook PDF. Site Ext.
    L’Edda en prose a été rédigée vers 1220 par Snorri Sturluson, poète et diplomate chrétien islandais qui s'est inspiré de poèmes connus de l'Edda poétique, ainsi que de poèmes et de mythes aujourd'hui disparus.
    Dans l'Islande "christianisée" de l'époque, il n'était pas pensable d'écrire un ouvrage sur les anciennes croyances païennes ! Aussi le scribe Sturluson employa-t-il l'art des anciens Scaldes fait de métaphores, de contresens et de vers codés et secrets appelés Kenningar (kennings).
    L'Edda de Snorri est un ouvrage de référence de la culture Nordique, Scandinave et Germanique. Il comporte un prologue présentant les Dieux comme des magiciens humains divinisés au fil du temps, et 3 parties distinctes :

    ... la Gylfaginning ("Mystification de Gylfi") : Gylfi, un légendaire roi de Suède, se rend en Asgard, la demeure des Dieux, pour acquérir le savoir. Le dialogue entre le roi et trois Ases permet de découvrir une grande partie de la mythologie Nordique. A la fin de la conversation la demeure disparaît, Gylfi ayant été le jouet d'une illusion.

    ... le Skàldskaparmàl ("Poétique" ou "Dits sur la poésie") : Par un dialogue entre le dieu de la posésie Bragi et le géant Aegir (assimilé à un dieu des océans), Snorri nous transmet une étude des kenningar (métaphores) et des heitis (synonymes) que doivent maîtriser les scaldes.
    L’explication de ces kenningar, empruntés à d'anciens scaldes, permet à Snorri de conter de nombreux récits mythologiques ou héroïques. Parfois, l'auteur ne se contente pas de citer une kenning, mais rapporte de longs extraits de poèmes permettant de les expliquer.
    Le Skáldskaparmál s’achève sur des listes de heiti. Sa dernière partie se présente sous forme de thulur (listes de noms et de heiti versifiées, utilisant des moyens mnémotechniques) : sont ainsi présentées les différentes manières de désigner les dieux, les géants, les hommes et les femmes, la bataille et les armes, et enfin les éléments naturels.
    Les récits mythologiques et héroïques évoqués dans le Skáldskaparmál ne nous sont le plus souvent parvenus que grâce à Snorri. Sans eux, de nombreuses allusions contenues dans les poèmes scaldiques ou eddiques resteraient obscures.

    ... la Hàttatal ("Dénombrement des mètres") : Sous la forme d'un poème adressé au roi norvégien Hàkon Hàkonnarson, Snorri dresse une liste de 102 strophe en 100 mètres differents ainsi que des commentaires sur la métrique.
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    Le Nibelungenlied raconte les exploits de Siegfried, détenteur du trésor des Nibelungen, et son mariage avec la princesse burgonde Kriemhild.
    Son assassinat par le traître Hagen initiera une longue vengeance de Kriemhild et qui aboutira au massacre des Burgondes sur les rives du Danube.
    La Saga de Thidreks (Þiðrekssaga, Thiðrekssaga ou Thidreksaga), rédigée en Norvège vers 1205, est basée sur les aventures du héros Thidrek. Celui-ci nous est connu par la légende germanique de Dietrich von Bern (Théodoric de Vérone), un personnage légendaire inspiré de Théodoric le Grand, roi des Ostrogoths de 474 à 526, qui gouverna l'Italie après Odoacre.

    De nombreux textes épiques germaniques parlent de Dietrich, mais c'est la Thidrekssaga norvégienne qui présente le récit le plus complet de la vie du héros et de ses compagnons, depuis sa naissance jusqu'à sa disparition.

    La Thidrekssaga incorpore une certaine partie de la légende de Sigurd et la famille Burgonde des Niflungs, mélange de traditions nordiques (Volsunga Saga islandaise et Eddas) et germaniques (comme le Nibelungenlied ou "Chanson des Nibelungen" qui date à peu près de la même époque).
    • Traduit par Claude Lecouteux , Saga de Théodoric de Vérone, H. Champion, 2001
    • M. Depping, De la tradition populaire sur l'armurier ou forgeron Vélant, in Mémoires de la Soc. nat. des antiquaires de France, Vol. 5 - Numérisation Google books Site Ext.

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    Publication Chantal : 7 juin 2011
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