Section de Tir à l'Arc de Rueil.

Archers de Légende... Ullr et Skadi


Dans la mythologie nordique, l'Ase Ull ou Ullr et son épouse, la Géante Skadi, sont tous deux des Dieux de la chasse et de l'hiver, généralement représentés armés d'un arc et chaussés de patins ou de skis.

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Ullr, dieu de la chasse, de l'hiver et des serments

Le nom de Ull (forme moderne scandinave) ou Ullr (en vieux Norrois) descend probablement du même mot que le vieil anglais wuldor et le gothique wulþus signifiant "Gloire".
On le connait aussi sous les noms de : Uller, Ullur (islandais moderne), Ullinn, Wulthuz (forme proto-germanique reconstituée Wulþuz), Ollerus (latin)...

Son habileté à l’arc et au ski en ont fait le Dieu de la chasse (à l'arc) et de l'hiver. Pour certains, il est aussi un Dieu du vent. De plus, il veille sur les duels, la justice, les serments et l'agriculture.

De nos jours, dans les pays nordiques, Ullr apparait comme le patron de l'archerie et des sports d'hiver.

Les rares références textuelles à Ullr qui nous sont parvenues figurent uniquement parmi les plus anciens poèmes eddiques : l'Atlakviða et le Grímnismál.

Dans le Skáldskaparmál (Edda en prose), Snorri indique qu'Ullr peut être appelé "Dieu aux skis", "Dieu à l'arc", de "Dieu de la chasse" et "Dieu au bouclier", et qu'un bouclier peut être appelé "Navire d'Ullr". Mais l'auteur ne relate pas de mythes sur ce Dieu. Probablement n'en connaissait-il aucun, le dieu ayant disparu de la mémoire collective.

Cependant, Ullr avait une importance religieuse en Scandinavie supérieure à ce que les sources anciennes suggèrent, mais que reflète la toponymie.
Des témoignages archéologiques (Lilla Ullevi, Bouterolle de Thorsberg, Pierre runique de Böksta) rendent compte de son culte.

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Ullr et sa légende

Selon la théorie de Rydberg, Örvandill serait le père d'Ullr.
Trois poèmes scaldiques, Þórsdrápa, Haustlöng et un fragment d'Eysteinn Valdason, ainsi que l'Edda de Snorri, se rapportent à Thor en tant que beau-père d'Ullr.
Le Dieu Ase Ullr est issu d'une première union de l'Asyne Sif avec un père non identifié.
Il fut adopté par son beau-père, le dieu Thor.
Ayant de nombreux points communs avec la Géante Skadi, il l'épousa quand elle se sépara de Njörd.

L'if était un matériau important dans la fabrication des arcs. Le mot Ýr, signifiant "If", est souvent utilisé par métonymie pour désigner des arcs.
Ullr demeure dans son domaine en Ydalir ("Vallée de l'If") qu'il parcourt à skis pour y chasser avec un arc très puissant. Tout à la fois excellent archer, skieur émérite et valeureux guerrier, il n'est personne en mesure de se comparer à lui.

Ullr est vénéré par les agriculteurs dont il recouvre les champs d'un manteau de neige pour les protéger des rigueurs de l'hiver.

Ullr se déplace aussi bien sur les eaux qu'il le fait sur la neige à l'aide d'une paire de raquettes (de patins ou de skis) faites d'os.
La Geste des Danois mentionne aussi un os sur lequel Ollerus avait gravé des runes magiques lui permettant de s'en servir comme navire pour traverser les mers aussi rapidement qu'il l'aurait fait à la rame.
D'autres textes parlent d'un bouclier magique qu'il peut utiliser pour voguer sur l'eau.

Os, navire et bouclier semblents liés à l'identité de Ullr en tant que Dieu du ski. Les premier skis, et peut-être les traîneaux, auraient pu faire penser à des boucliers.
La Laufás-Edda, composition islandaise tardive, explique que le navire d'Ullr s'appelait Skjöldr, ce qui signifie "Bouclier".

Les boucliers des guerriers sont appelés skip ullar, askr Ullar, far Ullar et kjóll Ullar, "bateau d'Ullr".

Les germains prêtaient serment par le tour du bouclier, par le tranchant de l'épée, par le câble du navire, par l'épaule du coursier, par le soleil couchant, par l'anneau d'Ullar.
Les combattants invoquaient souvent le bouclier d'Ullr pour se protéger contre les armes de leurs ennemis.

Dieu de l'engagement, de l'honneur et du respect, c'est sous sa gouverne que se déroulent les duels. Ainsi les hommes, avant tout combat singulier, prêtaient serment sur son anneau sacré (hringi ullar, "anneau d'Ullr"). D'où son surnom de "Seigneur de l'anneau".

Ull
Beau et courageux, il a fière allure, le port noble et de la prestance dans sa démarche.
Il est le plus jeune des Ases, cependant il est considéré comme l'un des meilleurs, l'un des plus importants. A ce titre, il fut choisi par les autres dieux pour prendre la régence d’Asgard durant les 5 ans d'absence d'Odin. Au retour du dieu souverain, il fut chassé et se réfugia en Suède.

Lors du Ragnarök, Ullr est destiné à périr lors de l'ultime bataille.

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Sif à la chevelure d'or

Le nom Sif (vieil islandais) est à rapprocher de sifjar qui signifie "parente par alliance" . Il est synonyme de jörð, "terre".

Sif était à l'origine une Déesse de la fertilité, mais nous ne connaissons que peu de choses sur elle. Elle est assimilée à la prophétesse Sibylle et pouvait se transformer en cygne.

Sif est une Asyne, soeur du Dieu Heimdall, le gardien d'Asgard. Elle épousa de Thor dont elle eut une fille Thrud, et deux garçons, Magni et Modi. Elle avait un fils, Ullr, d'un précédent mariage quand elle épousa Thor. Aucune source ancienne n'identifie nommément ce premier mari de Sif qui, selon la théorie de Rydberg, pourrait être Örvandill.


Elle fut victime de la malice du Dieu Loki qui s'introduisit dans sa chambre et lui coupa sa magnifique chevelure blonde. Furieux, Thor menaça de pulvériser Loki s'il ne trouvait un moyen de réparer sa faute.
Ce dernier se rendit à la grotte où demeurait les fils d'Ivaldi, les Nains forgerons Eitri et Brokk, et pria ces derniers de filer très rapidement de l'or aussi fin que des cheveux et de les enchanter pour qu'ils puissent pousser comme des vrais.
Les fermiers lui rendaient hommage en fabriquant des "poupées de blé".
Les Nains réussirent cet exploit et bientôt Sif put retrouver une magnifique chevelure de la couleur de l'or.
C'est pourquoi l'or est appelé "chevelure de Sif". Et, Sif devint le symbole des moissons et de la terre fertilisée, ses cheveux d’or évoquant les champs de blé mûr.

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Théorie de Rydberg

Les sources anciennes ne mentionnent pas le père d'Ullr, mais Viktor Rydberg identifie la parenté du Dieu dans ses "Investigations sur la Mythologie germanique" (Undersökningar i germanisk mythologi, traduite par Rasmus Andersonsous le nom de Teutonic Mythology).

Selon lui, Ullr serait le fils de Sif et d'Örvandill (ou Aurvandill, soit Egill), le demi-frère de Svipdagr (= Óðr), le neveu d'Anund (= Völundr) et de Gjuke (= Slagfin), et aussi un cousin de Skade (= Skadi).
Egill, était le plus grand archer de la mythologie, et Ullr suit les traces de son père. Ullr a aidé Svipdagr-Eirikr à sauver Freyja des Géants. Il a aussi régné sur les Vanes quand ils tenaient Ásgarðr pendant la guerre entre les Vanes et les Ases.

Les théories de Rydberg furent déconsidérées par les savants de son temps. Mais son idée que Ullr soit apparentés aux Elfes de la Völundarkviða apparait plausible aux auteurs modernes du fait que tous ces personnages sont liés au ski et à la chasse. De plus, le père d'Ullr, n'étant pas identifié comme l'un des Ases, peut avoir été d'une autre race.

Abraham Viktor Rydberg (1828-1895), est un écrivain, essayiste, publiciste, poète et homme politique suédois.
Il a également traduit l'œuvre d'Edgar Allan Poe en suédois.
Pour Rydberg, la mythologie germanique ne s'arrête pas aux sources tardives commes les Eddas, mais représente les fragments d'une vaste et très ancienne épopée mythique indo-européenne. Il s'est efforcé, au travers de comparaisons détaillées de ses "Investigations", d'établir des correspondances entre les mythes germaniques et ceux appartenant à d'autres religions indo-européennes. Ainsi, une grande partie de la mythologie nordique (celle en vieux norrois surtout) pourrait être rapportée à une époque où les populations proto-indo-européenne n'étaient pas encore divisées et possédaient une croyance originelle commune.

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Tyr et Mithothyn

Selon Bernard Sergent, Ullr, Tyr et Mithothyn pourraient être un seul et même personnage.

Dans la Geste des Danois, Ollerus (= Ull) est élu pour remplacer Othinus (= Odin), chassé par les Ases. Il occupe alors la place du dieu souverain pendant dix ans, mais lorsque celui-ci revient, Ollerus s'enfuit vers le nord. Or, il est également évoqué, dans une autre version, que c'est un magicien nommé Mithothyn qui prend le pouvoir et s'enfuit. Il désignerait alors le dieu archer.

Tyr et Ull pourraient être originellement un seul et même dieu. En effet, les deux personnages n'apparaissent jamais dans le même mythe, et ils ont des caractéristiques similaires : ils sont concurrents à la souveraineté d'Odin, ils sont des dieux représentants le droit ou le serment, et l'un a une flèche pour rune (Tiwaz, rune de la victoire) tandis que l'autre porte un arc.

Le nom Tyr vient de Týr (vieux norrois) signifiant "Dieu". On rencontre aussi les variantes : Teiws (gotique), Ziu (vieux haut-allemand), Tiw ou Tig (vieil anglais), Tiwaz (proto-germanique).
Ullr a vu son culte régresser jusqu’à l’époque Viking (au temps desquels la chasse avait moins d’importance que les batailles) au profit de Tyr qui, à son tour, fut supplanté par les "Dieux guerriers" Thor, Freyr, Freya et autres.
Tyr est un Dieu très ancien, originellement à la tête du panthéon germanique. Dieu souverain du ciel, de la guerre juste, et de la stratégie. Associé à l'assemblée législative du thing, il est également un Dieu des serments, des procédures et du droit.
Son rôle et son culte ont diminué en faveur d'Odin et de Thor au fil des siècles.
Les textes scandinaves l'évoquant sont rares. Néanmoins, Týr est resté important et son nom a donné celui du jour de la semaine "mardi" dans les langues germaniques.

Tyr serait le fils du Géant Hymir, ou celui du Dieu Odin.
Il montra sa valeur héroïque en sacrifiant sa main dans la gueule du loup Fenrir pour gagner sa confiance afin de pouvoir l'enchaîner. Depuis, il est connu comme le "Dieu manchot".
Lors de la bataille prophétique du Ragnarök, Tyr et Garm, le chien gardien du monde des morts, s'entre-tueront.

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Skadi, déesse de la chasse, de l'hiver et des montagnes

Skadi, Déesse de la chasse (à l’arc notamment), de l'hiver et des montagnes, épousa Ullr après sa séparation avec le Dieu Njord.

Skadi.

Skadi était une Géante, personnification de l'hiver et des montagnes.

Son nom (Skaði en norrois, Skaoi ou Skade, "Destruction"), provient probablement d’une racine qui veut dire "ombre, obscurité" ou "danger".
Il est relié à celui de la Scandinavie (Skaðin-auja, qui signifierait "Île de Skadi", ou "Territoire protégé par Skadi").

Les dises sont les déesses-mères, souvent associées à la fertilité et au destin.
On l'appelle aussi la "Déesse-aux-pas-de-neige" (Öndurgud ou Öndurdis), "Brillante épouse des dieux", "Dise aux skis" ou "Dises aux raquettes", ou encore, "Reine du ski" ou "Déesse des archers".

Skadi était une skieuse émérite, chassant à l'arc les animaux sauvages de la montagne. Elle passe pour avoir apporté aux peuples germaniques leur habileté au tir à l'arc.
Egalement Déesse des montagnards et des chasseurs, elle guide avec succès leurs traineaux sur les pistes enneigées.

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Skadi et sa légende

Skadi est la fille de Thjazi qui vivait dans les montagnes de Trymheim ("Maison du tonnerre" ou "Maison Bruyante"), dans le Jotunheim ("Monde des Géants").

Son père ayant été tué par Thor ou Loki pour avoir volé les pommes d'or d'Idunn, elle se rendit, armée et cuirassée, à Ásgard, le domaine des Dieux, pour exiger réparation.
Les Ases, craignant sa vengeance -la force destructrice de l'hiver- tentèrent de l'apaiser en lui proposant de l'or. Ce qu'elle refusa car elle avait des richesses en suffisance.

Le Wergeld (ou Vergeld, "Prix de l’Homme" ou "Prix du Sang"), tribut à payer en réparation d'un crime, compensait les victimes ou les torts subis par un échange d’argent, de biens ou de terres, sous peine de vengeance si cette dette n’était pas acquittée.
Après discussions, les Ases acceptèrent d’honorer son Wergeld en réalisant trois souhaits en rapport avec sa doléance.

Skadi demanda à Odin de prendre les yeux de Thjazi, et de les jeter loin dans les cieux pour qu’ils deviennent des étoiles afin qu'elle puisse ainsi toujours contempler le regard de son père.

Puis, elle défia les dieux de la faire rire. Ce qui n'était pas chose aisée, la Géante du Froid, sauvage et impitoyable, semblant incapable de ce genre d'émotions. Cependant Loki, avec sa malice coutumière, y parvint.

Enfin, elle demanda à épouser l'un des Ases. Cette fois, les Dieux posèrent une condition : Skadi devrait choisir son époux à la seule vue de ses pieds. Pour ce faire, les dieux célibataires se cachèrent derrière un rideau en ne laissant apparaître que le bas de leurs jambes.
Skadi passe pour être belle, grande et élancée, avec une peau très pâle, très blanche.
La Géante désirait épouser le meilleur d'entre eux : le jeune Balder, Dieu de la beauté et de la lumière. Aussi, quand Skadi vit une magnifique paire de pieds bien charpentés et très blancs, elle s'imagina qu'ils ne pouvaient appartenir qu'à lui et les désigna. Mais sa déception fut grande quand elle apprit qu'ils étaient ceux du vieux Njörd, le dieu de la richesse, de l'abondance et de la mer.

Njörd demeurait à Nóatún, régissant les déplacements du vent et apaisant la mer et le feu.
On l'invoquait pour aller en mer et faire de bonnes prises. Et aussi pour obtenir de lui des terres et des biens car il était riche et opulent.
Njörd n'était pas de la race des Ases, il était né à Vanaheim ("Monde des Vanes"), mais les Vanes l'échangèrent avec Hoenir pour conclure la paix entre les deux races de Dieux. Ainsi, devint-il le "Faiseur de paix".
Njord et Skadi seraient la personnification des saisons des pays nordiques, où les 3 courts mois d'été (3 jours à Noatun) alternent avec les 9 longs mois d'hiver (9 jours à Trymheim).

Le mariage de Njörd et Skadi ne fut pas heureux.
Le Dieu préférait la douceur océanique et son domaine de Noatun. Alors que la Géante n'aspirait qu'aux montagnes glacées du Jotunheim et aux forêts de Trymheim, le domaine de son père.
Ils se mirent d’accord pour vivre en alternance, neuf jours à Trymheim et trois jours à Noatun.

Mais après que Njörd soit revenu des montagnes à Noatun , il déclara :
- "Les montagnes me répugnent, je n'y suis pas resté longtemps, neuf nuits seulement ; Le hurlement des loups me faisait horreur, comparé au chant des cygnes."

Ce à quoi Skadi répliqua :
- "Le piaillement des oiseaux sur les rives de la mer m'empêche de dormir ; Elle m'éveille chaque matin, la mouette qui vient de l'océan."

Skadi et Niord. Skadi et Niord.

D'un commun accord, ils finirent par se séparer. Et Skadi retourna à ses chères montagnes et forêts de Trymheim, où elle pouvait chasser et skier, accompagnée d’une meute de loups.

Certains textes en font l'épouse d'Odin après sa rupture avec Njord, et l'ancêtre des premiers rois de Suède, Norvège, Danemark et Hollande.
Par la suite, Skadi épousa Ull, le Dieu du vent, du ski et de l'arc, avec qui elle avait tant en commun.

Skadi était aussi considérée comme une Déesse de justice. Ainsi, après la mort de Balder, lorsque Loki fut capturé et attaché à un rocher, les Dieux désignèrent Skadi pour placer un serpent ruisselant de venin au-dessus du visage du dieu.

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Thjazi

Thjazi (Þjazi en vieux-norrois), Géant de la mythologie nordique, est le père de Skadi et le ravisseur d'Idunn. Il vit dans les montagnes de son domaine de Thrymheim.

Lors d'un voyage, les dieux Ases Odin, Loki et Hoenir, tentant en vain de faire rôtir un bœuf, voient aparaitre Thjazi, sous la forme d'un aigle. Celui-ci leur explique être la cause de cet échec, et leur annonce qu'ils ne parviendront à cuire la viande qu'à condition de lui permettre d'en manger. Affamés, les dieux acceptent.

L'aigle s'empare alors d'un morceau si considérable que Loki se met en colère et le frappe avec une longue branche qui se coince dans le dos de l'aigle. Lorsque l'oiseau s'envole, il entraîne Loki qui s'était agrippé à la perche. Thjazi consent à libérer ce dernier contre la promesse qu'il lui livre Idunn et ses pommes de jouvence.

Idunn ("Celle qui rajeunit, qui renouvelle") est la déesse Asyne de l’éternelle jeunesse. Elle détient dans un coffre des pommes merveilleuses qu'elle distribue aux dieux pour préserver leur jeunesse jusqu'au jour du Ragnarök.
Elle est l’épouse de Bragi, le dieu de la poésie.

Loki accepte et, de retour à Ásgard, sous prétexte d'avoir trouvé d'autres pommes remarquables auxquelles Idunn devrait comparer les siennes, il parvient à attirer la déesse dans une forêt. Thjazi surgit alors sous sa forme d'aigle, s'empare d'elle, et l'emporte à Thrymheim.

Privés des pommes merveilleuses, les dieux commencent à vieillir. Ils finissent par découvrir la vérité sur la disparition d'Idun. Sous la menace, Loki s'engage à ramener la déesse, à condition que Freyja lui prête sa forme de faucon pour lui permettre d'atteindre le Jotunheim en volant. Là, trouvant Idunn seule, il la change en noix (détail mentionné seulement par Snorri) et l'emporte dans ses serres.

Thjazi, se rendant compte de l'absence d'Idunn, se transforme en aigle et se lance à la poursuite de Loki. Les dieux les voyant approcher, préparent un feu qu'ils allument au passage du Géant. Les plumes de l'aigle s'enflamment et Thjazi tombe à l'intérieur d'Ásgard, où il est mis à mort par Thor (comme relaté dans le Harbardsljod) ou par Loki (qui s'en vante dans la Lokasenna).

De nombreuses allusions à Thjazi figurent dans les textes anciens : les poèmes eddiques (Hyndluljod, Grottasongr où il est présenté comme plus puissant que Hrungnir, Grimnismal qui évoque Thrymheim) et dans certains poèmes scaldiques.

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Un soupçon de Mythologie nordique

Le Hof, ou Panthéon nordique, comporte une multitude d'êtres répartis sur les neuf mondes que porte l'arbre Yggdrasil : les dieux Ases et Vanes, les Géants, les Elfes, les Nains, les Nornes et les Valkyries, les Humains, et de nombreuses créatures animales plus ou moins monstrueuse.
La destinée de tous les êtres vivants, dieux y compris, était déjà fixée à la création du Monde. Ils seront presque tous anéantis lors du Ragnarök pour qu'un monde nouveau puisse renaitre.

  • Compléments de Mythologie (Odin, Ragnarök, Valkyries,...) sur la page consacrée à l'archer Egil.
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Les Dieux appartiennent à deux familles, les Ases et les Vanes, vraisemblablement apparues à deux époques différentes et amalgamées au tout début de l'antiquité nordique.

A l'origine, la mythologie nordique est une croyance en une Grande Déesse Mère, une religion panthéiste accordant un large rôle à la femme, à la Nature et à la divination (art associé aux runes).

Les Vanes, ou Vanir, sont les plus anciennes divinités et incarnent les Eléments et la Nature primordiale. Dieux et Déesses de la sagesse, de la magie, de la fécondité et de la prospérité, ils furent loués par les hommes alors essentiellement voués à la cueillette, à l’élevage, à la pêche ou aux labours. La présence de noms de dieux Vanes dans la toponymie atteste leur popularité et leur ancienneté.
La plupart des plus anciens Dieux en sont issus, tels Njord, Aegir, Ran, Frey, Freyja et bien d’autres. Ils résident à Vanaheim ("Monde-Vane").

Le prologue à l'Edda en Prose explique l'origine de leur nom en en faisant des hommes venant d'Asie (de Troie plus exactement), que les peuples du nord de l'Europe prirent pour des Dieux.
Les Ases, ou Aesirs, ou Anses, apparurent dans la religion scandinave après les invasions indo-européennes, et furent incorporés au panthéon ancien, au lieu de supplanter leurs prédécesseurs.
Le terme féminin est Asynes, ou Asyngur, ou Asynja, ou en sanskrit Asura ("Force de vie").
Les Ases, souvent mentionnés sous le terme de guðin signifiant "Dieux", sont associés ou apparentés à Odin, leur chef. Ces "Dieux Guerriers" forgent l’or et l’acier pour le pouvoir et la guerre. Leur culte grandissant marque le passage des hommes du stade de l’élevage et de la paysannerie paisible à celui de la violence des batailles, et de la conquête par les armes.

Une guerre fratricide éclata entre anciens et nouveaux Dieux, symbolisant l'affrontement entre un monde pacifique associé à la nature, le Vanaheim, et celui plus guerrier et fanatique, l'Asaheim.
Une trêve fut établie et des divinités furent échangées entre les deux mondes. Les Vanes envoyèrent Njord, Freyr et Freyja, et les Ases envoyèrent le simplet Hoenir et Mimir. Mais jamais les Vanes ne retrouvèrent leur aura, les hommes se tournant irrémédiablement vers les Ases.
Ases et Vanes résident à Asgard, la fabuleuse forteresse des Dieux, en compagnie des Nornes et des Valkyries, entre-autres.
Tout commes les hommes auxquels ils ressemblent, les Dieux sont mortels et peuvent ressentir la douleur.

A la fin des temps la plupart d’entre-eux seront anéantis lors du Ragnarök.

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Les Géants ou Jotuns, incarnations des 5 éléments nordiques (terre, eau, air, feu et glace), vivent habituellement à Jotunheim, à l'est de Midgard (le monde des humains), d'où ils sont séparés de par de hautes montagnes et de denses forêts. Parmis eux, on distingue :
... les Géants proprement dits, généralement bienfaiteurs, certains d'entre eux s'unissent aux Dieux et aux humains. Tout commes les Etins, ce sont des sages et savants qui vivent à Utgard.
... les Etins, neutres, s'unissant aussi bien aux Dieux qu'aux Thurses.
... les Thurses, ou Hrimthurs ("Géants du givre"), terribles et cruels car faits de froid, de glace et de givre, vivant dans le froid, le gel et le brouillard, les Géants de la glace sont pétrifiés par le Soleil. Ils vouent une haine féroce aux Dieux.
... les Trolls, surgis du corps d'Ymir, moins intelligents mais d’une force sans égale.

Les Géants personnifient aussi bien les cataclysmes ayant créé le Monde (éruptions volcanique, ouragans, gel, incendies, tremblements de terre...), que les éléments le composant (le corps du Géant Ymir servit de matière première à sa création). Ainsi sont-ils brutaux, gigantesques et dotés d'une force impressionnante. Sages ou cruels, ils possèdent la connaissance et des pouvoirs magiques (métamorphose, illusion, ...).
Ils sont tout à la fois les prédécesseurs, les parents et les ennemis des Dieux. Car tous les Jotuns sont les descendants d'Ymir, première créature de la génèse. Et, les premiers Ases, Odin, Vili et Vé sont de Géants (Bur et Bestla). Mais les Géants (créatures chaotiques) sont en guerre perpétuelle contre les Dieux (représentant l'ordre). Ces derniers sont généralement menés par Thor armé de son marteau Mjöllnir, la terreur des Géants. Mais, il arrive que Dieux et Géants s'entraident, s'aiment ou soient amis.
Les principaux géants de la mythologie nordique : Bestla (géant maître-bâtisseur), Gerd, Geirröd, Gunnlöd, Hrungnir, Hymir, Mimir, Skadi, Skrimir, Surt, Thjazi, Thrym, Utgardaloki, Vathrudmir, Ymir.

Le Dieu Loki trahira les siens en partant à la conquête d'Asgard à la tête des Géants lors du Ragnarök, où le Géant du feu Surt sera amené à détruire l'ensemble des Mondes avec son épée flamboyante.

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Les Nains (ou Dvergrs) vivent à Nidavellir, sous la terre, la pierre et dans les endroits humides et sablonneux, en compagnie des Alfes Noirs et de créatures souterraines sombres et maléfiques.
Les Nains craignent la lumière du jour qui les pétrifie.
Ils furent créés à partir de la chair en décomposition du Géant primordial Ymir. Au départ, simples asticots rongeant le corps du Géant, les Dieux décidèrent d'en faire des créatures intelligentes, leur petite taille provenant de leur ancienne nature. Quatre d'entre eux, Austri, Vestri, Nordri et Sudri, soutiennent depuis lors la voûte céleste (formée à partir du crâne d’Ymir).
Fameux artisans, forgerons et savants, les Nains sont à l’origine de la plupart des attributs magiques des Dieux. Les plus célèbres sont Brokk et Eitri qui façonnèrent la chevelure d'or de Sif, Draupnir (anneau d'Odin), Gungnir (lance d'Odin), Mjöllnir (marteau de Thor), Skidbladnir (bateau de Freyr), etc.

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Les Elfes (ou Alfes) sont généralement décrits comme des êtres semi-divins associés à la fertilité et au culte des ancêtres.
Des prénoms d'origine germanique sont tirés de leur nom : Ælfric, Ælfwine, Ælfréd (Alfred), Alberich, Auberon, Aubry...
En vieux norrois, ils sont dénommés álfar (au singulier álfr). Le mot dérive d'une racine proto-indo-européenne albh signifiant "blanc", qui se retrouve dans le latin albus.
L'auteur de l'Edda en prose assimile parfois les Nains aux "Elfes sombres" (Dökkálfar) ou "Elfes noirs" (Svartálfar). Les Nains habitant en Nidavellir, et les Elfes sombres en Svartalfheim, ces deux domaines ne seraient alors qu'un seul et même monde. Snorri se réfère aux autres elfes comme "Elfes lumineux" (Ljósálfar) qui seraient souvent associés à l'étymologie de elf.
La poésie scaldique, l'Edda poétique et des sagas légendaires les mettent sur le même plan que les Ases, en particulier les Vanes, dieux principaux de fertilité.
Le Grímnismál relate que le Freyr était le seigneur d'Álfheim ("Monde-Elfe"), la demeure des Elfes lumineux.

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Aux sources de la légende

La mythologie nordique reste relativement méconnue du fait de la fragilité des sources disponibles. Transmise oralement à l'origine, elle ne fut documentée par écrit qu'avec l'arrivée des premiers chrétiens en Scandinavie, à partir du Xe s. Les runes, utilisées jusqu'alors, étaient principalement gravées et ne se prêtaient pas à l'écriture de longs textes.

L'évhémérisme est une théorie selon laquelle les dieux sont des personnages réels, des héros historiques qui ont été divinisés avec le temps. Il tire son nom du mythographe grec Évhémère.
Les sources principales des mythes nordiques (Eddas) sont à prendre avec prudence, car elles ont été transmises et altérées par des historiens médiévaux, quelques siècles après la christianisation. Cependant, l'évhémérisme du Moyen-Âge a permis la sauvegarde de ces mythes, et l'on retrouve les divinités scandinaves dans des textes à valeur historique comme la Saga des Ynglingar et la Geste des Danois de Saxo Grammaticus.

Les sources secondaires remontant à l'antiquité sont souvent extérieures au monde germanique, comme l'ouvrage La Germanie de Tacite (Ier s.). D'autres textes du haut Moyen-Âge apportent des compléments d'informations, comme la Gesta Hammaburgensis ecclesiae pontificum, de Adam de Brême (ca. 1072).

Les sagas islandaises, la poésie scaldique, la toponymie et les témoins archéologiques, permettent de se rendre compte du culte en lui-même.

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La toponymie laisse apparaître le nom Ullr dans plusieurs noms de lieux importants de Norvège et de Suède (mais pas au Danemark ou en Islande) :

  • En Norvège, noms d'anciennes fermes et/ou de vieux sites religieux : Ullarhváll ("colline d'Ullr", à Oslo) - Ullarnes ("promontoire d'Ullr", à Rennesøy) - Ullarvin ("pré d'Ullr", à Hole Oslo, Ullensaker et Øvre Eiker) - Ullarøy ("île d'Ullr", à Skjeberg, Spind, Sør-Odal et Vestre Moland) - Ullinsakr ("champs d'Ullin", à Hemsedal et Torpax) - Ullinshof ("temple d'Ullin", à Nes, Hedmark, Nes, Akershus et Ullensaker) - Ullinsvangr ("champs d'Ullr", à Ullensvang) - Ullinsvin ("pré d'Ullin", à Vågå)

  • En Suède : Ulleråker ("champs d'Ullr", en Uppland) - Ultuna ("cité d'Ullr", en Uppland) - Ullared ("clairière d'Ullr", en Halland) - Ullevi ("sanctuaire d'Ullr", en Västergötland) - Ullvi ("sanctuaire d'Ullr", en Västmanland) - Ullene ("pré d'Ullr", en Västergötland)


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    Les témoignages archéologiques :

    Le site de Lilla Ullevi ("petit sanctuaire d'Ullr"), au nord de Stockholm, est un lieu de culte dédié à Ullr (500-800 après JC) excavé en 2007.

    Lilla Ullevi.
    Ce sanctuaire, a l'aspect d'une plate-forme prolongée par deux "bras" de roches. Quatre piliers érigés devant devaient probablement supporter une plate-forme en bois.
    Anneaux d'Ullr. Anneaux d'Ullr.


    Les archéologues ont trouvé 65 "anneaux-amulettes" en ce lieu. Les anneaux auraient été utilisés quand les gens prêtaient serment. Il pourrait s'agir des "anneaux d'Ullr" qui sont mentionnés dans le poème eddique Atlakviða.

    La Bouterolle de Thorsberg fut trouvée lors de fouilles archéologiques dans le marais de Thorsberg, une région entre le Rhin et l'Elbe, en Allemagne. Cet artéfact semble avoir été déposé comme une offrande votive. Cette pièce métallique porte une inscription runique en Futhark ancien, une des toutes premières connues, que l'on date de l'an 200 environ :

    Une bouterolle désigne, entre autres, une pièce de bronze garnissant le bas d'un fourreau d'épée ou de sabre.
    owlþuþewaz / niwajmariz

    Ce qui, pour certains, se traduirait par :
    "Wulþuþewaz (nom) à la réputation immaculée" ou
    "Le serviteur d'Ullr (titre), de réputation immaculée".


    La Pierre runique de Böksta se dresse près de la ferme du même nom, à Balistaga (Suède).
    Cette pierre en granit est remarquable par ses gravures où l'on peut voir un homme avec une lance monté sur un cheval et pourchassant un élan en compagnie de deux chiens et de deux oiseaux. En retrait se tient un autre homme, chaussé de skis et portant un arc armé d'une flèche.
    Le cavalier serait le Dieu Odin tenant sa lance Gungir, monté sur son cheval Sleipnir, accompagné de ses loups Geri et Freki, et de ses corbeaux Hugin et Munin. Quand à l'archer, il ne serait autre que le Dieu nordique de la chasse, Ullr.

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    La Poésie scaldique (ou écaulterie), caractéristique des pays scandinaves, remonte probablement au VIIe ou VIIIe s. Apparue en Norvège et en Islande, elle n'a été consignée par écrit qu’à partir du XIIe s., alors qu’elle n’était déjà plus vivante qu’en Islande (où elle sera encore pratiquée au XIVe s.)

    Bragi, Dieu de la poésie et de l'éloquence, est la patron des Scaldes.
    Le scalde (skàld) était le chantre attitré d’un roi, d’un jarl ou d'un chef. Cet historiographe célèbrait les prouesses de son souverain et les grands événements de son règne. C’est pourquoi la poésie scaldique rapporte en général des événements, des hauts faits, des batailles ou des expéditions... quand elle ne rend pas hommage à un glorieux défunt. Les plus grands scaldes (Egill Skallagrímsson, Sigvatr Thórdarson, Kormákr Ögmundarson) expriment parfois des sentiments personnels.

    L’art scaldique constitue une véritable prouesse lexicale et rythmique. De plus, le scalde se devait de respecter les tabous interdisant de nommer les êtres ou les choses par leur nom. Il devait leur substituer des synonymes (heiti), des métaphores ou périphrases (kenningar). En utilisant ce procédé, le scalde réussissait souvent à exprimer plusieurs idées à la fois.

    Un kenning (pluriel savant kenningar), figure de style propre à la poésie scandinave, consiste à remplacer un mot par une périphrase métaphorique. Il est souvent composés de deux noms dont l'un est le génitif de l'autre. Certains kenningar peuvent cependant contenir jusqu'à 5 ou 6 termes. Par exemple, le "cheval de la mer" signifiant le "bateau", le "timonier" peut être désigné comme "l'homme du cheval de la mer".
    L'usage du kenning nécessite une grande culture générale, et notamment mythologique.

    Le Skáldskaparmál de l'Edda de Snorri Sturluson recense et explique un certain nombre de kenningar. Parmis les poèmes recueillis par Snorri figurent :

    ... Le Thorsdrapa (Þórsdrápa), écrit en vieux norrois par Eilífr Goðrúnarson, un poète au service de Håkon Sigurdsson. Le principal sujet du poème est comment Thor se distingue grâce à son marteau, Mjöllnir, et, comme c'est le cas dans la plupart des poèmes impliquant Thor, comment les géants se distinguent négativement. L'histoire relate comment Loki a poussé Thor dans un piège vers le géant Geirröd, puis, comment Thor, avec l'aide de cadeaux magiques de Gríðr, accompagné de Thjálfi, a vaincu Geirröd et tué d'autres géants.

    ... L'Haustlöng ("Longueur d'automne"), écrit en vieux norrois au début du Xe s. et attribué Þjóðólfr d'Hvinir, scalde du Roi de Norvège Harald-à-la-belle-chevelure. Le poème décrit des scènes mythologiques représentées sur un bouclier. Celui-ci fut offert au scalde par Thorleif le Sage. Comportant vingt strophes (mais peut-être était-il plus long à l'origine), le poème évoque l'enlèvement d'Idunn par Thjazi puis le combat de Thor contre Hrungnir.

    ... Le Fragment d'Eysteinn Valdason. Eysteinn Valdason est un scalde islandais du Xe s. Trois demi-strophes d'un poème sur Thor (Þórr) sont tout ce qui subsiste de son œuvre. Elles évoquent l'expédition de pêche de Thor avec le géant Hymir, au cours de laquelle le dieu essaie de tuer le serpent Jörmungand.
    • Régis Boyer, La poésie scaldique, Porte-Glaive, 1990
    • Eilífr Goðrúnarson, Þórsdrápa - Texte sur "Jörmungrund" En anglais. Site Ext. - Texte synthétique par Thordruna sur "Songerune" Site Ext. - Etude détaillée par Mark sur le blog "Arkanos2201" Site Ext.
    • Þjóðolfr Hvinverski, Haustlöng - Texte sur "WebCite" En anglais. Site Ext.
    • Eysteinn Valdason, From a Thor poem - Texte sur "Jörmungrund" En anglais. Site Ext.
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    Le mot Edda ("Livre vénérable") signifie "aïeule" en islandais. Mais certains le font dériver du latin edo : "je compose"
    Les Eddas présentent les principaux Dieux et Déesses du Hof (Panthéon nordique), leurs aventures, la génèse des différents mondes, les prophéties. C'est la source de connaissances sur la mythologie scandinave la plus importante.
    Cependant, ces textes ayant été rédigés ou compilés quelques siècles après la christianisation officielle des derniers royaumes vikings, seraient à prendre avec précautions car ne reflètant pas toujours pleinement les croyances religieuses pré-chrétiennes de la Scandinavie.

    Il existe 2 Eddas bien distincts : l'Edda poétique et l'Edda en prose de Snorri.

    L'Edda poétique (ou "ancienne Edda") est un recueil de chants et de poèmes anonymes écrits en vieux norrois, et composés entre le VIIIe et le XIIIe s.
    Les poèmes les plus anciens furent vraisemblablement composés par les scaldes, qui se les transmirent par tradition orale.
    Ces poèmes, retrouvés dans divers manuscrits anciens, furent rassemblés artificiellement à l'époque moderne pour leur valeur mythologique dans un manuscrit islandais, le Codex Regius. On l'appelle aussi "Edda Sæmundar", en référence à Sæmundr Sigfússon dit Saemund le Sage, à qui fut attribuée la rédaction du codex.

    Le vieux norrois (ou vieil islandais), langue scandinave médiévale, a influencé nombre de langues : russe, anglais, normand et, de là, français.
    La Normandie, du fait de l'installation au Moyen Âge de colons danois, norvégiens et anglo-scandinaves, conserve la trace du norrois dans sa toponymie. Ainsi Caudebec-lès-Elbeuf vient de kaldbekkr (froid ruisseau), Foulbec de fúllbekkr (ruisseau puant), etc.
    L'Edda poétique tombe dans l'oubli puis est redécouverte en Islande par le pasteur luthérien Brynjölfur Sveinsson en 1643. Il offre le manuscrit, baptisé Codex Regius ("Code Royal") au roi du Danemark. C'est à cette époque que l'on attribue la paternité de ce recueil à Sæmundr le Sage. Conservé à la librairie royale de Copenhague, le manuscrit est restitué à l'Islande en 1971.

    Le nombre des poèmes qui composent l'Edda est variable suivant les éditions qui publient le recueil. Certains poèmes ne font pas partie du Codex Regius mais sont supposés faire partie de l'Edda.
    Le Codex Regius comporte 29 Eddas et textes divers.
    On peut citer, entre autres :

    ... l’Atlakvidha (Atlakviða en vieux norrois, ou "Chant d’Atli") : Le roi Atli tue les frères de sa femme (Gudhrun) pour s’emparer du trésor. Gudhrun se venge en tuant les 2 enfants d’Atli et en les lui faisant manger à son insu.

    ... les Atlamàl ("Dits d’Atli") : Même récit que précédemment mais raconté sur un registre plus populaire.

    ... les Grimnismàl ("Dits de Grimnir") : Odin (sous le nom de Grimnir) subit les tortures de Geirroeth. Agnar, qui est le seul à avoir de la compassion pour lui devient roi. Ce poème récapitule de nombreuses informations sur les Ases (noms de leurs demeures, noms d'Odin), les Valkyries, les rivières, etc.
    • Régis Boyer, L'Edda poétique, L'espace intérieur, Fayard, 1992
      Ce livre concentre des extraits de textes et de poêmes de l'ancienne Edda et livre une étude sur le sacré chez les anciens scandinaves ainsi que certaines particularités poétiques.
    • L'Edda poétique (en vieux norrois), Edition de Rasmus Kristian Rask, 1818
      [ Völundar-qvida p. 133-139 ] - Numérisation SICD des universités de Strasbourg Site Ext.
    • Henry Adams Bellows, The Poetic Edda, 1936 - Texte sur "Sacred Texts Archive"Atlakvitha, Grimnismol, etc. ] En anglais. Site Ext.
    L’Edda en prose a été rédigée vers 1220 par Snorri Sturluson, poète et diplomate chrétien islandais qui s'est inspiré de poèmes connus de l'Edda poétique, ainsi que de poèmes et de mythes aujourd'hui disparus.
    Dans l'Islande "christianisée" de l'époque, il n'était pas pensable d'écrire un ouvrage sur les anciennes croyances païennes ! Aussi le scribe Sturluson employa-t-il l'art des anciens Scaldes fait de métaphores, de contresens et de vers codés et secrets appelés Kenningar (kennings).

    L'Edda de Snorri est un ouvrage de référence de la culture Nordique, Scandinave et Germanique. Il comporte un prologue présentant les Dieux comme des magiciens humains divinisés au fil du temps, et 3 parties distinctes :

    ... la Gylfaginning ("Mystification de Gylfi") : Gylfi, un légendaire roi de Suède, se rend en Asgard, la demeure des Dieux, pour acquérir le savoir. Le dialogue entre le roi et trois Ases permet de découvrir une grande partie de la mythologie Nordique. A la fin de la conversation la demeure disparaît, Gylfi ayant été le jouet d'une illusion.

    ... le Skàldskaparmàl ("Poétique" ou "Dits sur la poésie") : Par un dialogue entre le dieu de la posésie Bragi et le géant Aegir (assimilé à un dieu des océans), Snorri nous transmet une étude des kenningar (métaphores) et des heitis (synonymes) que doivent maîtriser les scaldes.
    L’explication de ces kenningar, empruntés à d'anciens scaldes, permet à Snorri de conter de nombreux récits mythologiques ou héroïques. Parfois, l'auteur ne se contente pas de citer une kenning, mais rapporte de longs extraits de poèmes permettant de les expliquer.
    Le Skáldskaparmál s’achève sur des listes de heiti. Sa dernière partie se présente sous forme de thulur (listes de noms et de heiti versifiées, utilisant des moyens mnémotechniques) : sont ainsi présentées les différentes manières de désigner les dieux, les géants, les hommes et les femmes, la bataille et les armes, et enfin les éléments naturels.
    Les récits mythologiques et héroïques évoqués dans le Skáldskaparmál ne nous sont le plus souvent parvenus que grâce à Snorri. Sans eux, de nombreuses allusions contenues dans les poèmes scaldiques ou eddiques resteraient obscures.

    ... la Hàttatal ("Dénombrement des mètres") : Sous la forme d'un poème adressé au roi norvégien Hàkon Hàkonnarson, Snorri dresse une liste de 102 strophe en 100 mètres differents ainsi que des commentaires sur la métrique.
    • Snorri Sturluson, traduit par François-Xavier Dillmann, L'Edda, Gallimard, 1991
    • Snorri Sturluson, traduit par Arthur Gilchrist Brodeur, The Prose Edda, 1916 -
      Texte sur "Cybersamurai" Site Ext. - Texte sur "Internet Sacred Text Archive" En anglais. Site Ext.
    • Paul-Henri Mallet, Edda, ou Monumens de la mythologie et de la poésie des anciens peuples, 1756 - Numérisation Gallica Site Ext.
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    La Geste des Danois (Gesta Danorum ou Historia Danica), est une œuvre évhémériste en prose et en vers latins, rédigée, vers l’an 1200 au monastère de Sorø, par l'historien Saxo Grammaticus, à la demande de l'homme d'état Absalon qui gouvernait alors le Danemark et qui désirait doter son pays d'une véritable épopée nationale.

    Elle fut imprimée pour la première fois à Paris, en 1514 (livre de Christiern Pedersen, Danorum Regum heroumque Historia).

    L'oeuvre, parsemée de poèmes dont certains s'inspirent d'œuvres islandaises, relate l'histoire des Danois et de la vie politique européenne, décrivant le Danemark et les régions voisines scandinaves, baltes, anglaises et européennes.

    Hamlet, l'une des plus célèbres tragédies de William Shakespeare est probablement inspirée de l'histoire d'Amleth de Saxo Grammaticus.

    Hamlet.Sarah Bernhardt dans le rôle d'Hamlet
    Être, ou ne pas être, telle est la question. (Acte 3, scène 1)
    Les neuf premiers livres décrivent les traditions et les biographies des rois et des héros danois antiques, des origines jusqu'aux environs des années 950.
    On y retrouve l'histoire de personnages illustres tels Fredfrode, Amleth, Fenge, Hrolfr Kraki, Hadding, le géant Starkather, Harald Hildetand ou encore Ragnar Lodbrok.
    Ces histoires rapportent également les mythes des dieux nordiques qui, selon la tradition, sont devenus des rois danois.

    Saxo Grammaticus, s'inspirant de mythes pré-chrétiens, en a proposé une version évhémériste où les dieux nordiques sont en fait des hommes d'une puissance supérieure qui se sont faits passer pour des divinités.
    Ainsi, Ollerus (nom latinisé d'Ullr) est décrit comme un magicien adroit possédant des moyens de transport surnaturels. Il fut choisi pour prendre la place d'Othinus (Odin), alors en exil, et régner sous son nom pendant dix ans. Quand le véritable souverain fut rappelé, Ollerus se retira en Suède où il fut tué par les Danois.

    ... à découvrir !

    Publication Chantal : 26 juin 2011
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