Les flèches utilisées contre lui devinrent le symbole du Saint qui, depuis le IVe siècle, est le patron des archers et arbalétriers ; patronnage qu'ils partagent avec les tapissiers, les ferrailleurs et les confréries de charité.
On l'invoquait contre la peste, et, également, contre l'épilepsie.
à la Saint-Sébastien, l'hiver reprend, Ou se casse les dents
Saint-Sébastien avec du gel, Emporte l'herbe et promet du miel
Repères chronologiques
Vers 250, Sébastien naît à Narbonne, fils d'un noble du pays et d'une dame milanaise, tous deux chrétiens. Peu après, les parents de Sébastien s'installent à Milan.
Vers 283, Sébastien s'engage dans l'armée romaine afin de venir plus librement en aide aux chrétiens persécutés. Devenu capitaine de la garde prétorienne de Dioclétien, il convertit, réalise des miracles, encourage et secourt les martyrs dans leurs prisons. Exhorté d'abjurer sa foi, il refuse et l'empereur le condamne à mort et le livre aux archers de sa propre cohorte. Laissé pour mort, son corps criblé de flèches est recueilli par Irène, veuve du saint martyr Catulle, qui le soigne. Une fois guéri, se plaçant sur le passage de l'empereur, il l'interpelle en lui reprochant sa cruauté. Dioclétien ordonne alors qu'on le conduise dans un cirque pour qu'il meure roué de coups de bâtons (ou lapidé, selon certains).
Le 20 janvier 290 ( ), son corps est jeté dans le Cloaca Maxima (l'égout de Rome) d'où une chrétienne, Lucine, le retire pour l'inhumer dans les catacombes de la Voie Appienne.
Saint Damase (pape de 366 à 383) fit édifier une église en l'honneur de ce martyr dont les reliques, considérées comme un remède contre la peste, furent réparties entre tous les pays de la chrétienté.
Dès 680, Sébastien est invoqué contre la peste, quand le fléau qui ravageait Rome cessa brusquement à la suite d'une procession : les reliques du saint furent solennellement portées à travers la ville jusqu'à Saint Pierre aux Liens. Pour les historiens, le patronage de Saint Sébastien contre la peste s'explique par le fait que les flèches étaient le symbole de ce genre d'épidémies dans l'Antiquité.
En 825, sous le règne de Charles le Chauve, les reliques du saint sont transférées en l'abbaye royale de Saint Médard, à Soissons, et placées sous la garde d'une Compagnie d'Archers et d'une Confrérie de Saint Sébastien.
( ) C'est ainsi que le 20 janvier a été choisi pour honorer Saint Sébastien.
La fête de la Saint Sébastien à la STAR
Chaque année, un samedi aux alentours du 20 janvier, la STAR se mobilise pour fêter la Saint Sébastien.
Côté tradition : c'est, tout d'abord, l'occasion de baptiser les "nouveaux" archers, présents depuis plus d'un an au club, chacun ayant choisi son parrain ou sa marraine.
Côté sport : durant l'après-midi, un concours amical (en individuel et par équipes) est organisé, réunissant les archers de la saison, les nouveaux baptisés et les "anciens". Tous les acteurs-tireurs sont vivement invités à laisser libre cours à leur imagination en participant, grimés et costumés sur un thème communiqué auparavant.
Côté amitié : les archers accompagnés de leurs familles et amis se retrouvent ensuite pour festoyer lors d'un repas et d'une soirée dansante... toujours sur le même thème.
Iconographie
Survoler les miniatures ci-contre pour découvrir, de gauche à droite, et de haut en bas :
Saint sébastien et 2 archers - Chapelle Saint Sébastien, Saint-Etienne-de-Tinée
Saint Sébastien , par Andrea Mantegna
Saint Sébastien , par François Coudray - Musée du Louvre
Saint Sébastien soigné par Irène , par George de La Tour - Musée du Louvre
Le martyre de Saint Sébastien , par Luca Giordano
Saint Sébastien , par Le Pérugin (Pietro di Cristoforo Vannucci) - Musée du Louvre
Saint Sébastien , fresque anonyme du XIVe s. - Eglise St Jean Baptiste, Magliano (Italie)
Saint Sébastien , par Le Pérugin (Pietro di Cristoforo Vannucci) - Musée du Louvre
Saint Sébastien , par Juan de la Abadia - Musée Lazaro Galdeado, Madrid (Espagne)
Saint Sébastien , par Sandro Botticelli - Staatliche Museen, Berlin (Allemagne)
Saint Sébastien , par Eustache Le Sueur - Musée de Tours
Saint Sébastien , par Guido Reni
Littérature
La Légende dorée (Legenda aurea, ou Legenda sanctorum "ce qui doit être lu des saints"),
par Jacques de Voragine, XIIIe siècle
Ecrite en latin par l'archevêque de Gênes et moine dominicain, elle raconte la vie d'environ 150 saint ou groupes de saints et martyrs, et certains épisodes de l'année liturgique.
C'est l'ouvrage de référence incontesté de tous les peintres, dès le début de la Renaissance italienne. Les artistes y trouvent une source d'inspiration inépuisable, enrichissant ainsi les églises, les couvents et monastères, de fresques et de retables.
Edition manuscrite, 1843, translatée de latin en françois par Jehan de Vignay de l'Ordre du-Haut-pas, sur le site Gallica (numérisation BNF)
Fabiola ou L'Église des Catacombes,
par le cardinal Nicholas Wiseman, 1854
Roman anglais historique sur les premiers chrétiens, leur persécution, la lutte pour défendre leur liberté religieuse et leur vie secrète dans les catacombes.
Sébastien, l'officier romain, Pancrace, Agnès, Fabiola, les patriciens, Coecilia, Diogène et ses fils, les plébéiens, Syra, l'esclave, croisent leurs destins à ceux de Corvinus, le fils du Préfet de Rome et de Fulvius, l'espion à la solde de Maximien, l'empereur de Rome.
Traduction par Richard Viot, Tours 1893, sur le site Méditerranées
Traduction nouvelle par Mlle Nettement, Paris 1895, sur le site Gallica (numérisation BNF)
Sébastien le Renaissant,
par Jacques Darriulat, 1999
Etude iconographique sur le martyre de saint Sébastien dans la deuxième moitié du Quattrocento
Saint Sébastien est présent dans l’iconographie chrétienne depuis le Ve siècle. Pendant huit siècle son effigie est immuable : un vieillard barbu que l’on identifie grâce à son nom, Sebastos, inscrit au-dessous. Or au Quattrocento, son image subissant une transformation radicale, le saint devient un jeune éphèbe dénudé au déhanchement savant. Cet ouvrage illustré nous éclaire sur la transformation et la prolifération d’un mythe.
Saint Sébastien,
par Karim Ressouni-Demigneux, 2000
Sébastien est sans conteste un des saints les plus populaires de la chrétienté. Aujourd'hui encore, l'image de son martyre, son corps nu percé de flèches, hante bien des églises d'Europe, la plupart des musées et même les galeries d'art contemporain, car il est toujours des artistes pour le représenter, pour s'emparer de sa figure comme d'un sujet. De lui, pourtant, on ne sait rien, sinon qu'il a existé. Ainsi, la seule trace avérée de sa présence sont ces quelques mots de la Depositio martyrum qui placent son anniversaire au 20 janvier.
Musique
Opéra : Le Martyr de Saint Sébastien , par G. d'Annunzio, musique de Claude Debussy
Le Martyre de Saint Sébastien (II), Cinquième Maison: Le Paradis
Susan Gritton, soprano - Berlin Philharmonic Orchestra (Berlin, 2007)
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